Dissertation (de philosophie)

 

Conseils pour la dissertation

 

Le boulanger : - La baguette, vous la faut-il courte ou longue?

        Le client : - Mais ... ne peut-on l’avoir bonne?

(Cité dans le Post-Scriptum définitif et non-scientifique

aux miettes philosophiques de Kierkegaard)

 

 

I) Qu’est-ce qu’une dissertation ?

 

La dissertation est l’aboutissement écrit d’un travail de recherche personnelle. Elle est destinée à être lue. Elle présente au lecteur l’état d’élaboration d’une réflexion la plus honnête possible relativement à mie question donnée. Le rédacteur de la dissertation est aussi son premier lecteur, son premier juge et son premier correcteur.

« Disserter, c’est parler avec détail sur une matière quelconque, en observant une certaine suite dans ses raisonnements>’ (Diderot).

La dissertation peut donc être aussi bien «parlée» que lue. «Parlée »,il s’agit alors d’un cours ou d’un discours. C’est le propre de toute pensée se voulant conséquente que de se développer selon un cours et un discours les plus raisonnés possible.

Le travail de dissertation se déroule en trois temps : conception, rédaction, lecture. Ces trois temps ne s’organisent pas selon le même ordre : l’ordre dans lequel se conçoit la dissertation n’est pas celui dans lequel on la rédige ou celui dans lequel on la lit Par ailleurs, pour une dissertation en temps limité, il faut accorder une durée elle aussi limitée à chacune des trois étapes.

 

II) Concevoir une dissertation philosophique

 

La dissertation de philosophie propose une question qu’il faut d’abord interroger et analyser de manière à en définir les termes dans tous les sens possibles et pour en dégager les présupposés (conditions qui rendent possibles la question dans les termes où elle se pose) et, d’une manière générale, tout ce qu’elle donne lieu de penser. Cette analyse de la question doit permettre de formuler un problème philosophique (tellement important pour ma chère prof de philo.. ouh là.. je me souviens encore de la copie où j’ai eu 9 et « excellent devoir, mais pas de problème dans l’introduction »…) , celui qui suscite la question, celui qui fait qu’elle se pose. Lequel problème devient significatif par. les enjeux impliqués dans les solutions auxquelles il peut donner lieu. L’introduction de la dissertation se conçoit comme formulation la plus claire possible de l’analyse de la question, du problème qui la motive et des enjeux de la question posée.

Toute question a pour horizon la réponse qu’elle attend. De même, tout problème attend une solution. Il est donc absolument essentiel de ne pas négliger cet horizon de la réponse, sinon la dissertation perd tout son sens, le dissertant ne sait plus ce qu’il fait ni pourquoi il le fait Quelle que soit la réponse apportée en conclusion, c’est le fait de réfléchir en vue d’une solution possible qui oriente la recherche d’arguments et de critiques étayant la réponse donnée. La conclusion de la dissertation se conçoit comme formulation la plus claire possible de cette réponse ou solution apportée au problème et le rappel des conditions dans lesquelles elle est intelligible ainsi que des difficultés pendantes, non résolues par la solution proposée (ouverture de la réflexion à ses prolongements).

Une fois que la question philosophique, le problème qui la suscite, et la réponse comme solution au problème ont été clairement conçus, les raisons de la réponse, discutées, ne sauraient manquer de s’organiser ou s’articuler assez aisément dans un développement qu’il faut lui aussi concevoir, d’abord dans un plan détaillé.

Ce plan détaillé doit s’organiser en grandes parties (de 2 à 4, en général), qui seront subdivisées en plusieurs sous-parties présentant chacune une thèse centrale, les arguments qui la font se soutenir, les conséquences que l’on attend de la soutenir, les limites de ce soutien. L’ordre de ce plan est celui de l’exposition des thèses, de celle qu’on jugera la moins soutenable à celle qu’on estimera la plus soutenable pour résoudre le problème et répondre à la question. Des paragraphes d’articulation assurent la transition entre l’examen de thèses successives, justifiant par un argument de quitter une thèse précédente au vu de ses limites et d’adopter une thèse suivante.

Pour une dissertation en temps limité, le travail de conception peut prendre entre 1 h 1/2 et 1h 45 mn.

La rédaction au brouillon de l’introduction et celle de la conclusion se font durant ce temps de conception.

La recherche de raisons et d’exemples et la rédaction du plan détaillé se font aussi durant cette étape de conception.

 

III) Rédiger la dissertation

 

Rédiger la dissertation consiste à inscrire toute la réflexion précédente sur la copie, de telle sorte que cette réflexion devienne intelligible non dans l’ordre de la conception mais dans l’ordre de la lecture ( ce n’est pas le même ordre car on conçoit d’abord introduction, conclusion puis développement, alors que la lecture exige introduction, développement puis conclusion.)

Recopier l’introduction élaborée durant le temps de conception, rédiger le développement directement sur la copie, recopier la conclusion, ne doivent pas occuper plus de 2h 20, afin de laisser du temps pour la relecture.

La rédaction directe du développement doit viser, comme la rédaction de l’introduction et de la conclusion, la plus grande lisibilité et la plus grande intelligibilité. C’est aussi un travail véritable d’écriture. Un certain nombre de formalités doivent être respectées pour des raisons esthétiques mais surtout pratiques, de compréhension. II s’agit moins de « faire joli » que de rendre claire - et.d’abord à soi-même: de se rendre claire - une pensée, ceci en l’exprimant au mieux de ce qu’il est possible, en détaillant au mieux son articulation dans la matière des mots même (inutile donc d’écrire les titres du plan détaillé et de les souligner).

Les formalités à respecter sont

- d’ordre calligraphique (la graphie des lettres doit être lisible par tous, et aussi la disposition des paragraphes en parties et sous -parties séparées: pensez à sauter des lignes et à laisser quelques carreaux de retrait en tête de paragraphe),

- d’ordre orthographique (certaines erreurs d’orthographe grammaticales témoignent par exemple de graves méconnaissances - voire dysfonctionnements - logiques de la pensée, quand il ne s’agit pas de pure et simple négligence ; par ailleurs, il est essentiel de marquer accents, ponctuation, majuscules),

- d’ordre syntaxique (attention aux verbes transitifs ou intransitifs, vefflez aux prépositions; de plus, le sens d’une phrase circule dans un ordre donné de mots qui - s’il est trop éloigné de l’ordre conventionnel - risque de devenir inintelligible).

Veiller au respect de ces formalités n’entrave en rien le mouvement de la dissertation (qui est le mouvement même d’une pensée qui se déroule et s’interroge); cela permet au contraire de rendre ce mouvement plus apparent. L’emploi précis de mots-chevilles permet aussi d’inscrire ce mouvement et de justifier chaque paragraphe. (utiliser des mots chevilles, pour savoir réellement ce que veut apporter chaque nouveau paragraphe qu’on écrira)

 

IV) Lecture de la dissertation

 

Elle se pratique dès l’étape de la conception. Il faut lire et relire soigneusement, avant de les recopier, l’introduction et la conclusion. Sont-elles compréhensibles et en rapport avec la question posée ?

Lors de la rédaction du développement, lisez et relisez chaque phrase de chaque paragraphe dès qu’écrite. Relisez de même chaque paragraphe dès qu’écrit. Proposent-ils une suite de mots et de phrases sensée et conséquente ?

Gardez impérativement 10 minutes pour relire et peaufiner toute la rédaction de votre copie.

L’ensemble, relu et corrigé, doit vous laisser la certitude d’avoir fait de votre mieux pour répondre à la question de départ.

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